Horse and rider showing soft rein contact during dressage training

Pourquoi nous devons apprendre à en faire moins de nos mains

L'un des plus grands défis en équitation est de surmonter notre tendance humaine naturelle à être dominé par les mains. Dès l'enfance, nous nous appuyons sur nos mains pour interagir avec le monde, saisir, réparer et manipuler des objets pour atteindre nos objectifs. Il n'est donc pas surprenant que lorsque les cavaliers rencontrent des difficultés en selle, leur instinct soit de se tourner vers leurs mains pour trouver la solution.

Pourtant, comme l'a sagement observé le maître de dressage Walter Zettl, « Nous sommes des créatures orientées vers la main. Que fait un bébé en premier ? Il essaie de tenir des choses dans ses mains. Par conséquent, nous en faisons trop avec nos mains quand il s'agit d'équitation. »

De même, l'experte en biomécanique Mary Wanless a noté que l'équitation n'est pas une activité qui dépend ou devrait dépendre de la dextérité manuelle. Et pourtant, pour de nombreux cavaliers, les mains restent l'outil principal de communication, de contrôle et de correction en selle.

 

Le problème de la surutilisation des mains

On estime que presque tous les cavaliers, à un moment donné, s'appuient trop sur leurs mains. Cette habitude se manifeste de plusieurs façons :

  • Sur-diriger le nez du cheval au lieu de diriger les épaules – De nombreux cavaliers tentent de faire tourner leur cheval en utilisant les rênes plutôt qu'en le guidant principalement avec leur corps et leur assiette.
  • Forcer le cheval « sur la main » – Au lieu d'encourager le cheval à s'engager dans un contact stable et élastique par une utilisation correcte de l'assiette et des jambes, les cavaliers peuvent essayer de placer la tête du cheval dans la position souhaitée avec leurs mains.
  • Maintenir le cheval à une allure – Les cavaliers tentent souvent de contrôler la vitesse et l'équilibre avec la pression des rênes, plutôt que d'enseigner au cheval l'auto-portage par une utilisation correcte du corps.

Malheureusement, ces habitudes créent de la tension et de la résistance chez le cheval, entraînant un cycle où le cavalier applique plus de rênes, et le cheval devient plus évasif, ce qui conduit à une bataille continue qu'aucun des deux ne gagne vraiment.

 

Que se passe-t-il lorsque nous utilisons moins les mains ?

La magie opère lorsque les cavaliers apprennent à moins utiliser leurs mains et à se concentrer davantage sur le reste de leur corps. Voici ce qui se passe :

  • Les virages concernent les épaules, pas le nez – Un virage correctement équilibré est obtenu avec des aides subtiles, en utilisant le corps du cavalier pour influencer la direction du cheval plutôt que de tirer la tête avec les rênes.
  • La connexion au mors devient plus authentique – Au lieu de forcer une attitude, le cheval commence à chercher le contact de lui-même, créant une relation plus stable et plus confiante avec la main du cavalier.
  • Le contrôle vient de l'équilibre, pas de la restriction – Un cheval en auto-portage apprend à maintenir le rythme et le tempo sans être maintenu par la pression des rênes.

Lorsque les mains deviennent plus silencieuses, un changement fascinant se produit, le cavalier commence à remarquer à quel point il a plus d'influence grâce à son assiette, ses jambes et sa posture. Des problèmes qui semblaient auparavant nécessiter des ajustements des rênes ont soudainement des solutions différentes. Un cheval qui a des difficultés avec la flexion à gauche n'a peut-être pas besoin de plus de rênes intérieures, mais plutôt d'une jambe intérieure plus efficace. Un cheval qui tire n'a peut-être pas besoin de mains plus fortes, mais plutôt d'un meilleur équilibre du poids du cavalier.

 

Outils d'entraînement pour des mains plus calmes

Développer des mains plus stables est un processus à long terme, et chaque cavalier aura des moments de régression, particulièrement sur différents chevaux ou dans des moments difficiles. Cependant, il existe des moyens efficaces de développer cette compétence :

  • Développer la conscience corporelle – De nombreux cavaliers ne réalisent pas à quel point ils utilisent leurs mains tant qu'ils ne font pas un effort conscient pour réduire les mouvements. L'analyse vidéo ou le travail avec un instructeur qui met l'accent sur des mains calmes peut aider à mettre en évidence une utilisation inutile des rênes.
  • Se concentrer d'abord sur l'assiette et les jambes – Prendre l'habitude de se demander : « Puis-je résoudre cela sans mes mains ? » avant de faire un ajustement peut recâbler les instincts du cavalier.
  • Utiliser des aides à l'entraînement qui favorisent la stabilité – Certains cavaliers trouvent du succès avec des outils comme les gants SteadyHands, qui restreignent doucement les mouvements excessifs des mains, forçant le cavalier à affiner son contact avec les rênes tout en encourageant l'engagement de l'assiette et des jambes.
  • Intégrer des exercices qui minimisent l'utilisation des rênes – Monter avec des rênes lâches, travailler sur des mouvements latéraux avec un minimum d'implication des mains, et pratiquer des transitions à partir des aides de l'assiette sont tous d'excellents moyens de briser les habitudes de domination des mains.

 

L'objectif final : une monte plus harmonieuse

En fin de compte, monter avec des mains plus calmes conduit à un partenariat plus harmonieux entre le cheval et le cavalier. Un cheval qui peut faire confiance aux mains du cavalier pour rester stables développera sa confiance dans le contact, recherchera une connexion plus élastique et maintiendra l'auto-portage avec moins d'interférence. Il en résulte une monte plus agréable et plus volontaire où le cheval se déplace librement et confortablement.

Bien sûr, les progrès dans ce domaine ne sont jamais linéaires. Ce qui semble facile un jour, ou avec un cheval, peut sembler beaucoup plus difficile un autre. Mais l'objectif à long terme reste le même : créer une expérience de monte où les mains deviennent un lieu de stabilité tranquille plutôt qu'une source d'intervention constante.

Pour ceux qui cherchent à s'améliorer, la clé est la patience, la conscience et la volonté d'adopter une approche différente de l'équitation. Et comme les cavaliers le découvrent par eux-mêmes, moins ils en font avec leurs mains, plus leurs chevaux leur offriront en retour.

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